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Kone

Accessibilité dans la ville : l’exemple de Nice

Journée internationale des personnes handicapées, Semaine pour l’emploi des personnes handicapées… les efforts de sensibilisation sont réels mais quelles actions sont véritablement menées par les villes pour faciliter l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ?
KONE ayant son siège français à Nice, focus sur la Métropole Nice-Côte d’Azur. Jacques Dejeandile, conseiller municipal délégué à l’accessibilité, et Gérard Gigante, assistant achat chez KONE, apportent leur point de vue.

Que met en œuvre la Métropole Nice-Côte d’Azur pour faciliter le quotidien des personnes à mobilité réduite ?

Jacques Dejeandile :

Mobil’Azur, par exemple, est un service de transport à la demande mis à disposition des personnes à mobilité réduite dans toute la métropole, sur simple appel téléphonique. Disponible de Nice jusqu’à Auron, il vient vous chercher en bas de chez vous et vous amène où vous le souhaitez. Ce service est ouvert également aux non-résidents, pour les touristes en situation de handicap par exemple.

Ensuite, depuis que la Métropole a repris les transports en commun en régie, 100 % des bus sont équipés de palette. Il reste du travail à faire sur les arrêts de bus dont 50 % environ ont été rendus accessibles. Toutefois, certains arrêts ne pourront jamais être accessibles aux fauteuils roulants à cause de la topographie accidentée de la ville.

Un maximum d’ERP (Etablissements recevant du Public) est également désormais accessible, comme l’Opéra ou le Centre Universitaire Méditerranéen.

Enfin, même la Crypte Archéologique sous la place Garibaldi est désormais accessible via un ascenseur !

Gérard Gigante :

Effectivement, j’utilise les transports Mobil’Azur depuis des années pour me rendre au travail chaque jour, aller chez le kiné, faire du sport, voir des amis et profiter de la plage le week-end à l’arrivée des beaux jours.

 

Du point de vue accessibilité, Nice est-elle en avance ou en retard sur d’autres villes, selon vous ?

Jacques Dejeandile :

Egalement journaliste pour Télématin sur France 2, j’ai l’occasion de parcourir le monde et d’effectuer des reportages sur le handicap. Comparé à Tokyo ou à Londres, Nice est en retard. Mais par rapport à Paris, nous sommes dans les temps.

Gérard Gigante :

Je voyage régulièrement en Ligurie, de l’autre côté de la frontière franco-italienne. Par comparaison, je trouve les trottoirs et passages piéton plus faciles d’accès dans ces rues. Il faut dire que la construction de la nouvelle ligne de tramway occasionne quelques obstacles dans les rues de Nice en ce moment… Cependant, le plus important pour moi est de pouvoir continuer à mener les activités que j’avais au quotidien auparavant sans me laisser définir par le handicap. C’est possible à Nice.

 

Quels sont les progrès en matière d’accessibilité réalisés au fil des années ? Et à venir ?

Jacques Dejeandile :

Dans le cadre des Ad’Ap, la Métropole Nice-Côte d’Azur s’est engagée sur un investissement de 40 millions d’euros de travaux pour renforcer l’accessibilité entre 2015 et 2024, avec l’aval des associations.

En deux ans, les bâtiments communaux ont été largement aménagés. Les écoles sont au planning ainsi que les musées.
Il faut préciser que le centre de Nice est plat mais que, dès que l’on sort du centre-ville, les dénivelés sont élevés. La topographie est un véritable défi…

A présent, avec l’équipe municipale, nous travaillons à l’obtention de la labellisation Destination pour Tous. Nous allons déposer notre dossier dans un an et souhaitons l’obtenir courant 2019. D’ici là, toutes les personnes à mobilité réduite, résidents comme touristes, devraient avoir accès à la fois à la plage et aux stations de ski.

Aujourd’hui, l’une de mes grandes satisfactions est de constater que les autres élus de la Métropole se sont appropriés la question de l’accessibilité chacun à leur tour : éducation, animations…
L’état d’esprit a changé. Je constate une évolution positive des mœurs et de la façon d’appréhender le handicap.