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Kone

Vincent Barreau

Chef de projet immobilier centre-est du Ministère de la Justice

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Nouveau palais de Justice de Lyon, une modernisation au service de la mobilité

Réussir à remplacer 15 ascenseurs sans interrompre l’activité du site judiciaire, et ce en pleine pandémie de Covid-19, c’est la mission que s’est donnée Vincent Barreau, maître d’ouvrage au secrétariat général du Ministère de la justice. Lors d’un entretien, il nous raconte comment s’est déroulé ce projet d’envergure, nécessitant une maîtrise à tous les niveaux pour orchestrer les travaux de modernisation dans un contexte aussi particulier.

Bonjour M. Barreau, pouvez-vous dans un premier temps nous parler des particularités du site ?

 

Avec 40 000 m2 de superficie, le tribunal judiciaire de Lyon est la 3e juridiction de France. Ce site en activité permanente fonctionne 24h/24, 7j/7. Chaque jour, c’est entre 2 500 et 3 500 personnes qui circulent dans les couloirs, montent et descendent entre les 12 étages du bâtiment.

Entre le personnel du tribunal, les justiciables, les auxiliaires de justice, les détenus et le public… de nombreux flux s’entremêlent continuellement. Par mesure de sécurité, les flux de prévenus sont complètement dissociés du reste, grâce à des circulations dédiées.

Nous nous trouvons donc au cœur d’un bâtiment complexe, à la fois dans sa conception et son organisation, avec des travaux difficiles à mettre en œuvre pour ne pas perturber son fonctionnement quotidien.


Et concrètement, qu’est-ce que cela implique en matière de mobilité ?

 

Le nouveau palais de justice de Lyon est un ERP de 1ère catégorie (établissement recevant du public). Cela signifie que les différents usagers doivent pouvoir y circuler sans difficulté et accéder à l’ensemble des niveaux disponibles. 15 ascenseurs permettent de venir réguler le trafic au sein du bâtiment.

Au quotidien, cela implique une sollicitation extrême des appareils. Dans un bâtiment tertiaire classique, les pics de fréquentation interviennent à des moments charnières de la journée : début et fin de la journée de travail, pause méridienne. C’est évidemment le cas au sein du tribunal, sauf que les ascenseurs continuent d’être mobilisés en permanence, pour permettre une concertation entre les différents acteurs participant au service de la justice et la tenue des audiences.

La nature même du site exige que la sécurité des déplacements soit un enjeu fondamental. L’établissement dispose par exemple d’un ascenseur dit des détenus dédié uniquement à ce flux particulier. Ce dernier s’apparente à un ascenseur public classique dénudé au maximum pour éviter les risques de casse ou de blessure. On ne retrouve donc pas de miroir à l’intérieur afin d’assurer la sûreté des passagers pendant leur transport.

Quelles sont les conséquences d’une panne d’ascenseur inattendue dans un site aussi sensible ?

 

Avec une telle fréquentation et un nombre d’ascenseurs aussi importants sur le site, des pannes arrivent ponctuellement. Mais nous disposons de suffisamment d’appareils pour maintenir la continuité de l’activité lorsqu’un équipement est défaillant.

En cas de dysfonctionnement, l’intervention est particulièrement rapide. Les équipes dédiées à la sécurité incendie ont été formées à la désincarcération des personnes qui se trouvent bloquées dans les ascenseurs. Et quand le service de sécurité ne peut pas libérer les personnes présentes dans la cabine, il y a une astreinte du mainteneur qui agit dans les plus brefs délais.


Pour quelles raisons avez-vous décidé de rénover les équipements ?

 

Le bâtiment a été réceptionné en 1995 avec des ascenseurs qui sont restés d’origine. Cela implique nécessairement un vieillissement des appareils, accentué par l’énorme sollicitation du public. Comme pour tout équipement de cet âge-là (25 ans !), il y avait des problèmes récurrents. Certaines technologies étaient dépassées, principalement au niveau des organes de commande.

D’autre part, les anciens appareils ne permettaient pas de répondre à la réglementation en vigueur pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Nous avons donc fait le choix de procéder à un remplacement intégral des 15 ascenseurs pour gagner en fluidité et en confort dans les déplacements.

De plus, les anciens équipements avaient une machinerie déportée présente dans des locaux techniques. Les nouveaux équipements ont été installés avec une machinerie en gaine, ce qui a permis de libérer certains espaces pour leur donner un nouvel usage au sein du bâtiment.

Enfin, les nouveaux ascenseurs KONE ont permis, dans les mêmes gaines, de bénéficier de cabines plus grandes tout en réduisant la consommation d’énergie des moteurs.

 

Pourquoi avoir choisi de collaborer avec KONE ?


En tant que service de l’État, nous sommes tenus de suivre le code de la commande publique et de respecter le principe d’égalité de traitement entre les candidats. Dans le cadre de cette opération, nous sommes donc contraints de sélectionner la société qui présente les meilleurs atouts sur les plans économique et technologique. C’est KONE qui a proposé la meilleure offre.

 

La dimension environnementale a-t-elle aussi été un facteur déterminant ?

 

Nous avons associé à ces travaux une problématique énergétique puisque les nouveaux équipements permettent de réduire la consommation d’énergie de 40 à 50 %.

Ajouté à cela, une procédure importante de gestion des déchets a été mise en place pendant l’opération, avec un tri minutieux du matériel évacué. Nous avons demandé à KONE d’établir un partenariat avec Mineka, une société qui a pour but de démocratiser la pratique du réemploi de matériaux dans la construction.

Il était fondamental pour notre département d’inscrire ce chantier dans une démarche éco-responsable, en limitant au mieux son impact sur le plan écologique.

 

Quels sont les défis que vous avez rencontrés pendant la rénovation ?


Le principal challenge de cet ouvrage est lié à l’activité du site, à la fois sensible et débordante. Tout l’enjeu consiste à assurer une desserte de tous les niveaux du bâtiment sans aucune interruption ni perturbation de l’instrument judiciaire. Cela nécessite une planification particulièrement minutieuse des opérations, avec un emploi du temps aménagé et millimétré. Cela oblige à  une parfaite collaboration entre l’ensemble des acteurs du projet (notre maître d’œuvre, M. Bellamoli – SBR France, KONE et les équipes du nouveau palais de justice).

Le chantier a démarré avec la rénovation de la zone « détenus » en juillet, car il s’agit de la période où l’activité du site est la plus réduite. Pour chaque ascenseur, il faut compter 3 à 4 tonnes de déchets qui sont évacués, triés et revalorisés. Les temps de livraison et de stockage, les périodes d’entrées et de sorties du site doivent être définis précisément dans l’objectif de maintenir la sûreté du site et la sécurité des personnes.

Au niveau de la pollution sonore, les techniciens se sont adaptés au maximum pour décaler les interventions les plus bruyantes durant les périodes qui dérangeaient le moins les audiences (le matin, le samedi…). Il y a eu un important travail de communication de KONE avec  personnel du tribunal pour réduire l’impact des opérations sur le fonctionnement judiciaire du site. Les zones de travaux sont délimitées par des sas en plaques d’OSB pour contribuer à la réduction des nuisances sonores. Plaques qui seront d’ailleurs récupérées par la suite par Mineka pour réemploi.

 

Pour conclure, quels sont vos retours d’expérience sur ce chantier ?

 

Pour changer les 15 appareils, nous avions prévu une intervention sur 12 mois. Finalement, et en raison des contraintes imposées par la crise sanitaire, nous avons réussi à compresser les délais à 10 mois grâce à la mise en œuvre d’un calendrier méticuleux. Le personnel qui travaille sur place est très satisfait de l’organisation mise en place, nécessaire au bon déroulement du projet. Nous avons reçu très peu de retours liés aux nuisances sonores et à la propagation de poussières.

Pour ma part, je suis fier de constater que les équipes mobilisées (KONE, les sous-traitants ou la maîtrise d’œuvre SBR France) maîtrisent leur sujet consciencieusement et sont réactives aux diverses problématiques soulevées.