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LA CONCEPTION UNIVERSELLE COMME MARQUE D’EXCELLENCE

Quand on est architecte et malvoyant, on développe une perspective unique sur la création de bâtiments inclusifs. Et grâce à la technologie, la conception d'environnements accessibles pour tous est en train de devenir une réalité.

Quand une personne valide entre dans un bâtiment qu’elle ne connaît pas, elle le fait en s’attendant à être guidée grâce à la signalisation, et à s’y déplacer rapidement en empruntant des ascenseurs, des escalators ou tout simplement des escaliers.

Mais entrer dans ce même bâtiment avec un handicap est une toute autre expérience. Car il ne suffit pas de respecter la législation en vigueur pour être un bâtiment accessible à tous.

Chris Downey est un architecte qui a perdu la vue en 2008. Pour lui, les designers commencent peu à peu à intégrer l’idée que les véritables grandes structures sont celles qui s’adressent à tous. Ces bâtiments complets représentent ce que l’on appelle la “conception universelle,” une prouesse architecturale difficile à réaliser.

“Il faut aborder cette question sous un prisme plus large, presque philosophique. La notion d’accessibilité au plus grand nombre doit être incluse dès la phase de conception du bâtiment, et cela s’avère beaucoup plus simple que de vérifier en cours ou à la fin d’un chantier si toutes ses dispositions sont bien conformes à la réglementation.”

C. Downey est devenu une figure de proue dans le domaine de la conception universelle et a travaillé sur un certain nombre de projets architecturaux importants aux États-Unis. Il définit cette notion comme « la conception de produits, d’environnements et de services utilisables par tous, sans nécessiter d’adaptation particulière.”

“Il s’agit d’inclure le plus grand nombre, afin que personne ne soit stigmatisé par son type d’utilisation,” ajoute-t-il. Par exemple, au lieu de guider ceux qui ont besoin d’une rampe dans une direction et ceux qui peuvent utiliser les escaliers dans une autre, il s’agit d’inventer des systèmes qui répondent aux besoins de chacun.

 

CONSTRUIRE POUR TOUS

 

 

Un ascenseur, par définition, rend les bâtiments plus accessibles. Mais iI n’est pas suffisant pour répondre aux différents besoins de chacun. Il faut une approche globale et une analyse des données sur les trajets individuels dans un bâtiment spécifique. C’est d’ailleurs la spécialité de l’équipe de conseil en matière de gestion des flux de personnes de KONE.

Les nouvelles technologies permettent également de trouver de nouvelles façons de renforcer l’accessibilité. Par exemple, raccorder les ascenseurs aux applications d’orientation permet aux personnes malvoyantes de se déplacer en toute confiance dans de nouveaux espaces.

Le campus californien Ed Roberts de Berkeley est certainement la référence en matière de conception universelle. Ce centre, qui abrite des associations de défense des personnes à handicaps multiples, possède une rampe qui conduit les utilisateurs d’un étage à l’autre. “C’est une construction harmonieuse et élégante qui relie les deux étages,” explique C. Downey.

Le collectif de design berlinois So & So Studio a gardé à l’esprit les besoins des personnes qui utilisent l’immeuble lors de la création des bâtiments. Ils ont travaillé sur de nombreux projets destinés aux personnes souffrant de handicap ou présentant des besoins particuliers. En 2018, lors d’un projet pour une cliente malvoyante en Italie, ils ont par exemple trouvé une nouvelle façon de lui communiquer leurs concepts afin qu’elle puisse comprendre leurs propositions par le toucher.

“Les architectes sont des personnes visuelles,” disent-ils. “On peut évidemment toujours décrire en détail nos idées à nos clients, mais on devait s’assurer qu’elle puisse vraiment se projeter. Les maquettes physiques sont devenues le meilleur outil pour exposer nos intentions. Ainsi, nous avons facilement pu proposer à notre cliente malvoyante différentes dispositions et agencements.”

 

L’ÂGE D’OR DE LA CONCEPTION PERSONNALISÉE

 

 

La conception universelle, ce n’est pas juste une question de “faire ce qui est juste”. On s’attend ainsi à ce qu’un bâtiment qui respecte les sept piliers de la construction durable soit aussi susceptible d’assurer une circulation fluide et efficace des personnes.

“Pouvoir se déplacer dans un bâtiment sans encombre et de manière efficace, ça signifie arriver à destination plus rapidement,” note C. Downey.

Parmi les nombreuses choses qui peuvent faire la différence, C. Downey évoque les rampes en pente douce utilisables par tous, les technologies d’orientation qui se synchronisent avec les smartphones, ou encore le retour du tactile. Les aspects thermiques et les mouvements d’air peuvent également fournir des informations intéressantes. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes à l’aube de ce qui pourrait s’avérer être l’âge d’or de la conception universelle.

“Je suis de plus en plus optimiste grâce aux entreprises technologiques,” avoue C. Downey. “Non seulement pour les technologies qu’elles développent, mais aussi grâce aux environnements de travail qu’elles créent pour leurs équipes. Elles embauchent de plus en plus de personnes en situation de handicap pour diversifier leurs talents, et celles-ci apportent leurs précieuses expertises et ressentis.” Ces entreprises sont davantage incitées à concevoir des environnements qui vont bien au-delà de la réglementation, afin d’offrir des conditions de travail équitables.

A l’ère où la construction et la technologie centrée sur l’individu convergent – alors que les bâtiments connectés deviennent de plus en plus communs – C. Downey pense que les meilleurs architectes feront en sorte de créer des bâtiments qui s’adaptent aux besoins des individus, et non l’inverse.

“De nombreux bâtiments ont maintenant des lumières qui s’allument lorsque vous entrez. Ça serait génial si, grâce à mon smartphone, un bâtiment arrivait à m’identifier et disait : ‘Oh, c’est Chris – pas besoin d’allumer les lumières’.” De même, une personne atteinte de basse vision pourrait bénéficier d’une lumière plus vive.

“Quand je conçois, j’aime partir du point de vue du handicap. Si on se concentre sur ce point, on finit par obtenir quelque chose qui sera utilisable par tout le monde.”

 

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