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La propriété, c’est dépassé ?

Il y a une génération, la réussite sociale reposait largement sur la possession de biens matériels. Aujourd’hui, le rêve d’accéder à la propriété a profondément changé… Il a perdu de son prestige et ne symbolise plus autant ce statut d’indépendance qu’auparavant. Voilà pourquoi de plus en plus de jeunes abandonnent l’idée de devenir un jour propriétaire d’une maison, au profit d’un mode de vie plus mobile - et surtout constitué d’une pluralité d’expériences urbaines.

Une nouvelle réalité urbaine


A Paris, 61,7% des logements sont habités par des locataires (source : INSEE), qui ne restent en moyenne que pour une durée de 3 ans. A Chicago, même constat : le nombre de locataires dépasse désormais le nombre de propriétaires. Et pourtant, la réalité était tout autre il y a 20 ans dans la “ville des vents”, où le centre-ville devenait désert à partir de 6h du soir. La raison était relativement simple : personne n’y résidait à l’époque. Depuis, la génération Y menant une vie plus nomade, a investi les lieux à la recherche de nouvelles expériences urbaines et de déplacements quotidiens plus courts et plus fluides.

Cet exemple américain est révélateur d’une nouvelle donne urbaine qui se déploie à l’échelle mondiale. Les recherches effectuées par le Bureau du recensement des États-Unis nous révèlent que seulement des milléniaux américains possèdent leur habitation. Au Royaume-Uni, cette part de propriétaires descend à 25%, avec un pourcentage encore plus faible dans la zone de Londres. Bien évidemment, cette situation est la résultante indirecte des transitions socio-économiques récentes. A l’explosion de la densité de population dans les grandes métropoles, est venu s’ajouter un accroissement du coût de la vie et des prix de l’immobilier.

Entre la montée en puissance de nouveaux styles de vie, plus mobiles, et l’inflation actuelle, les milléniaux ont été contraints de développer un nouveau regard sur ce qui constitue intrinsèquement la réussite.

C’est la fin du rêve de la maison pavillonnaire en banlieue avec un jardin, une voiture et un chien : ils sont désormais portés par un désir de liberté.

 

 

Une nouvelle idée de la réussite sociale


Dans notre civilisation occidentale, on associe souvent le mot “propriétaire” à une forme de succès et de statut social. La réalité c’est pourtant qu’un grand nombre de propriétaires arrivent difficilement à la fin du mois. Rester locataire peut donc s’avérer être un choix de liberté : cela offre un plus grand pouvoir d’achat et permet d’éviter de se retrouver bloqué dans un travail qu’on ne peut quitter à cause de son hypothèque. Certains individus qui auraient les moyens d’acheter préfèrent également investir dans leurs propres projets pour s’accomplir dans d’autres sphères de leur vie, plutôt que d’avoir à gérer le stress d’une propriété : ils se libèrent de la taxe foncière, des intérêts et des coûts de maintenance et gagnent en flexibilité au quotidien.

A l’ère du digital, le monde du travail est en pleine mutation. Les jeunes actifs qui se lancent aujourd’hui sur le marché savent pertinemment qu’ils seront voués à changer de poste au minimum 5 fois au cours de leur carrière (source INSEE). La location, qui permet d’emménager et de déménager rapidement, apparaît donc comme une solution plus adaptée. Suivant cette dynamique, de nouvelles tendances d’habitation émergent dans les grandes métropoles, comme celle du co-living.

Dans ces résidences partagées, il n’y a pas de bail et pas d’engagement. On peut y vivre pendant un an comme une seule semaine. Les co-livers disposent d’un logement meublé, équipé, connecté avec un accès à des services collectifs très variés : espace de co-working, salle de sport, salle de cinéma, bar… certaines résidences vont même jusqu’à y dédier un community manager pour y organiser des activités et animer la vie en communauté. Car ce qui prime dans ce type de demeures, c’est la valorisation du lien et de l’expérience. Les co-livers aspirent à se reconnecter aux autres, en privilégiant le sens et les relations humaines aux possessions matérielles.

C’est bien qu’un changement de valeurs s’est opéré. Pour la génération Y, l’accomplissement personnel se trouve désormais dans la recherche d’expériences de vie engageantes.

Il suffit de faire un petit tour sur les réseaux sociaux pour se rendre compte des nouvelles normes de représentation sociale véhiculées par les images. Nos fils d’actualité débordent de photos de personnes qui partagent leur quotidien : de l’assiette parfaite servie au restaurant au selfie à la salle de sport, jusqu’aux éternels clichés de vacances. De ce fait, les gens du monde entier s’éloignent peu à peu du matérialisme pour se concentrer sur la consommation de services flexibles qui offrent plus de valeur, plus de plaisir et moins de contraintes.

 

Une ville au “service” de ses habitants

 

L’expérience est le nouveau symbole statutaire.

Les individus s’intéressent de moins en moins à la possession de choses matérielles, mais accordent davantage d’importance à l’usage. On est passé de “l’ownership” à “l’usership” : 87% des milléniaux préfèrent ainsi les expériences vécues aux biens matériels. Et seuls 9% des Français sont attachés à la propriété d’un bien qu’ils consomment (source : Observatoire des Comportements de la Consommation).


Regardez simplement à quel point notre quotidien a changé en seulement une décennie. Les plateformes servicielles comme Uber, Airbnb ou Deliveroo ont modifié notre rapport à la mobilité, au logement et à la restauration. Nous voulons désormais être libres d’accéder à tous ces services en les utilisant n’importe où, n’importe quand, par le simple biais de notre smartphone. Nous souhaitons avoir le choix dans notre façon de payer, la possibilité d’interrompre puis de reprendre ces services, sans aucun engagement… Bref, nous recherchons des services entièrement modulables qui s’adaptent parfaitement à nos propres besoins. Et tout ceci est juste à portée de main grâce à l’essor des abonnements.

Transport, musique, cinéma, panier de fruits et légumes, jeux vidéo… l’offre d’abonnement s’est progressivement élargie à de nombreux secteurs, si bien qu’aujourd’hui, 95% des Français ont l’habitude de consommer par abonnement. C’est le reflet d’un nouveau modèle de consommation où le besoin de propriété n’est plus primordial. Cette évolution est intimement liée à la conjonction de deux facteurs : l’avènement du digital et les nouveaux modes de vie des jeunes qui changent plus souvent de travail, de logement, de ville ou même de pays. Le système d’abonnement représente une solution pratique et sécurisante, garantissant un accès immédiat à ce que l’on désire mais qu’on ne souhaite pas posséder. Pourquoi acheter un DVD quand il est disponible sur les plateformes de streaming SVOD comme Netflix ou Amazon ? Et pourquoi se procurer le dernier album de notre groupe préféré quand on peut l’écouter en boucle sur Deezer ou Spotify ? En bref, la valeur d’usage a dépassé celle de la propriété. La consommation immatérielle a pris le pas sur la consommation matérielle. Et les consommateurs valorisent de plus en plus l’accessibilité aux dernières technologies et services pour enrichir leur quotidien.

 

 

Même l’ascenseur devient aujourd’hui une plateforme de services ouverte, évolutive et modulable. Avec KONE DX, l’entreprise finlandaise vient de lancer une nouvelle gamme d’ascenseurs qui révolutionne l’expérience utilisateur. Grâce à des API, les gestionnaires peuvent bénéficier de nouveaux services activables à la demande, connecter leurs propres applications et accéder à tout un écosystème de services innovants.

Si l’on arrive de nos jours à une sorte d’essoufflement de la notion de propriété, il ne faut pas nécessairement l’approcher d’un mauvais œil. Au contraire, cela a ouvert l’accès à une infinité de contenus, disponibles rapidement, facilement et de manière abordable. Ce changement de paradigme nous amène à créer des espaces communs qui encouragent les échanges et les connexions humaines. Cela transforme nos villes en les rendant plus vivantes, plus mobiles et plus épanouissantes.

 

Pour aller plus loin dans votre lecture :

 

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