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Co-living : une nouvelle façon d’habiter en ville

Au croisement de la colocation et du coworking, la résidence partagée est la nouvelle tendance immobilière particulièrement en vogue chez les Millenials.

La corésidence de Havemeyer est un espace ouvert et lumineux, situé au cœur du quartier branché de Williamsburg à New York. Ses habitants – des “digital nomades” venant du monde entier –  échangent chaque matin en partageant le rituel du petit déjeuner. Les lattes en bois offrent un style naturel et chaleureux aux pièces ensoleillées, qui ont été pourvues d’un mobilier clair pour être au goût du jour. Il y a suffisamment d’espaces communs pour favoriser les rencontres spontanées – comme cette table de billard dans la salle de jeux – et chaque occupant dispose de sa propre chambre cozy : le parfait équilibre entre tranquillité et interaction sociale.

Havemeyer est mise en location par Common, une société de co-living basée à New York. Son ambition est de redéfinir le concept d’habitat en proposant des logements collectifs abordables. La résidence partagée a d’ores et déjà été choisie par plus de 78 millions de personnes aux Etats-Unis. Elle séduit notamment les jeunes actifs qui changent souvent d’emploi ou de ville, et privilégient les expériences aux biens matériels.

“Il y a actuellement une recrudescence de la corésidence dans les villes du monde entier”, affirme Jennifer Chang, Directrice de l’architecture de la société Common. “Les jeunes affluent vers les villes pour de nouvelles opportunités, et le parc immobilier existant ne grandit pas assez vite pour supporter ce flux de migration. Chez Common, nous recevons plus de 2 500 demandes chaque semaine. Nous ne sommes pas en mesure de soutenir ce rythme !” explique-t-elle. 

Pour Jennifer Chang, le co-living n’est pas un effet de mode pour jeunes actifs en quête de nouveautés. “Nous voyons des gens de toutes générations et origines dans nos résidences. Certains membres ont déjà des enfants et viennent pour vivre une nouvelle aventure et bâtir une nouvelle communauté. Comme la mondialisation s’accélère, les villes vont continuer à se densifier : le co-living représente donc une opportunité d’optimiser la façon dont nous occupons l’espace.”

Repenser la notion de vie privée

Les résidences partagées d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec les communautés de hippies d’autrefois. Les logements loués par Common ont un style impeccable, avec l’avantage d’être aménagés spécialement pour le co-living. Le loyer couvre les frais pour les services collectifs, le nettoyage hebdomadaire et les articles ménagers de base – c’est-à-dire tous les points sensibles de la vie en colocation.

Jennifer Chang pense qu’une corésidence bien conçue implique de redéfinir le concept de vie privée. 

“Dans un monde idéal, chaque habitant aurait sa propre chambre, et partagerait une salle de bain avec 1 colocataire, une cuisine avec 5 autres personnes, un salon avec 12, une salle de cinéma avec 100, une salle de jeux avec 200, une salle des fêtes avec 500, et un espace café avec le reste de la ville. Une stratification réussie permettrait à tout le monde d’accéder à plus d’endroits, tout en utilisant la même quantité d’espace.”

Cette nouvelle organisation pose des défis pour les architectes, parce qu’elle implique de fluidifier les déplacements au sein du bâtiment. “Concevoir des espaces de co-living, c’est avant tout créer de la connexion entre les utilisateurs. Cela signifie que leurs mouvements doivent être au cœur de nos préoccupations. L’enjeu est de permettre à chacun de circuler librement entre les différents espaces. La distance entre votre chambre et l’espace communautaire paraît bien plus courte quand les ascenseurs sont plus rapides,” assure J. Chang.

Elle ajoute que la corésidence marche lorsque partager avec les autres devient un plus, et non pas une obligation. “Cela demande ⅓ d’architecture, ⅓ de dispositifs ingénieux et ⅓ de chance. Vous pouvez disposer d’un espace parfaitement fonctionnel, mais tant que les bons procédés ne sont pas mis en place, il manquera un cadre à la communauté pour exister. Et évidemment, l’alchimie entre les colocataires sera toujours une question de hasard,” avoue Jennifer Chang.