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La cité médiévale : un modèle pour le futur ?

Quelle est la première chose qui vous traverse l’esprit lorsque vous imaginez le modèle urbain de demain ? Certainement pas une ville du Moyen Âge. Et pourtant, cela pourrait tout a fait le devenir si l’on en croit le Dr Kjell A. Nordtröm, célèbre auteur, économiste et futurologue.

Une ville “disruptive”


Vivre en ville transforme profondément la manière dont les gens fonctionnent. Les citadins, par exemple, sont plus susceptibles de vivre seuls que leurs homologues ruraux. Et comme nous sommes de plus en plus nombreux à choisir les villes, l’urbanisation est en passe de devenir le phénomène exerçant le plus grand pouvoir de transformation sur la planète. C’est du moins de ce que pense le docteur Kjell A. Nordström, orateur de talent et véritable “gourou” dans le domaine du management.

Ajoutez à cela l’incroyable potentiel de la technologie et vous obtenez un mélange particulièrement puissant.

“Ce que nous observons actuellement, c’est cette tendance de l’urbanisation et de la technologie à créer des petits villages numériques au sein même des villes, tout près de là où les gens habitent et travaillent,” remarque K. Nordström, citant la capitale suédoise en exemple.

Il y a quelques années, Stockholm était en pleine effervescence avec des centaines de start-ups prometteuses, telles que Skype et Spotify. Mais cette effervescence ne s’est pas étendue à l’ensemble de la ville. Toutes les entreprises étaient localisées dans un rayon de 300 mètres autour d’un square en plein cœur de la capitale. L’École d’Économie de Stockholm et l’Institut Royal de Technologie se trouvaient également dans ce périmètre, tout comme de célèbres cabinets juridiques et institutions financières.

“Il s’agit ici de comprendre que lorsque vous travaillez avec une plateforme aussi sophistiquée que Spotify – capable d’expérimenter de nouveaux champs jamais exploités auparavant – vous devez être au contact de vos collègues,” affirme K. Nordström.

 

Une ville plus “humaine”

 

“Nous en savons toujours plus que nous ne pouvons le dire. Cela s’appelle le savoir tacite ou informel, ou encore implicite,” nous confie K. Nordström. En dépit des avancées technologiques qui nous permettent d’interagir les uns avec les autres depuis les quatre coins du globe, nous ressentons toujours le besoin de passer du temps ensemble, en contact rapproché, pour transférer nos connaissances tacites, instaurer un climat de confiance, résoudre des problématiques… et, in fine, créer quelque chose d’unique et de bénéfique. Tout ceci ne pourra jamais être effectué via FaceTime, ni par messages interposés.

Dans ce contexte, la “marchabilité” est un concept clé du milieu urbain, et localiser votre entreprise à l’autre bout de la ville reviendrait à la délocaliser. Ce phénomène est particulièrement applicable aux centres urbains à travers le monde.

 

Une ville “multidimensionnelle”

 

Comme notre façon de vivre et de travailler change, nous devons aussi repenser notre façon de construire les bâtiments. Nous nous sommes habitués à circonscrire les bâtiments à une fonction spécifique (un bureau, une école, un centre commercial), comme si leur usage était fixé de manière permanente dans le temps. Au contraire, notre habitat va devoir faire preuve de toujours plus de flexibilité et de souplesse à l’avenir.

“Nous pouvons déjà constater que la plupart de nos centres commerciaux européens seront convertis en autre chose,” assure K. Nordström. Et ce qu’ils abriteront dépendra essentiellement de l’évolution de la ville et de ses habitants. Une galerie marchande pourrait notamment être transformée en maison de retraite, en école ou même en bâtiment mixte avec des appartements et une école.

“La seule certitude, c’est qu’on n’y fera plus de shopping, ou alors pas dans la même mesure qu’aujourd’hui. On pourrait y trouver une aire de restauration, ou peut-être un point de collecte pour les colis en provenance d’Amazon ou autre.

Tout l’enjeu actuel réside donc dans notre aspiration à construire des bâtiments polyvalents, multifonctionnels, et réversibles pour leur permettre de continuer à suivre les progrès technologiques.”

 

Une ville performante et épanouissante



La plupart de nos villes reposent actuellement sur une structure d’ordre fonctionnel. Datant des années 1920, elle arrive à  la fin de son cycle. Il y a un espace réservé aux parkings, au shopping, à l’apprentissage, au divertissement… et puis il y a les banlieues où les gens mangent, dorment et demeurent. Les différentes fonctions sont très nettement séparées les unes des autres et strictement compartimentées à l’intérieur et à l’extérieur de la ville.

“Cette organisation ne ressemble en rien à la cité médiévale. La cité médiévale était un véritable désordre ! Mais il ne faut pas entendre ça négativement. C’était un lieu où un café pouvait se trouver juste à côté d’une manufacture, ou une entreprise de pompes funèbres juxtaposée à un restaurant,” déclare K. Nordström. “Tout ça pour vous dire que la structure n’était pas fonctionnelle.”

“Et un phénomène massif se produit aujourd’hui : la technologie nous permet d’intégrer à peu près tout ce qu’on veut dans notre environnement urbain, de l’agriculture en passant par la production industrielle. Il est donc probable que le modèle médiéval fasse son retour, mais dans une forme plus moderne,” nous révèle K. Nordström.

L’auteur envisage ainsi l’exploitation de zones souterraines pour la production de nourriture et prédit une “conversion au vert massive des villes,” avec de plus en plus de bâtiments aux façades équipées de systèmes de culture.

Ce changement de paradigme, d’un monde structurel vers des espaces intégrés, s’accompagne aussi d’une transition sociale. “Après près de 80 ans à construire des banlieues et des villes ordonnées fonctionnellement, nous savons pertinemment que ce schéma n’est pas producteur de bonheur pour la majorité des gens,” assure K. Nordström. “L’intégration semble être la nouvelle règle du jeu, avec une concentration d’activités et de secteurs divers au même endroit.”

“Il y a forcément un peu de bonheur à retrouver en poursuivant cette voie.”

  

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