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Kone

Quels sont les leviers d’un mode de vie plus durable ?

Les multinationales, les start-up et les entrepreneurs dotés d’une véritable vision se doivent de proposer des biens et des services à la fois rentables et aspirationnels. Les responsables politiques, de leur côté, doivent rompre avec le “statu quo” pour aller au-delà des simples campagnes de recyclage. Il est dorénavant clair qu’il faudra bien plus que des changements au niveau individuel pour ancrer les modes de vie “durables” dans notre société.

En matière d’éco-responsabilité, on a souvent tendance à vouloir stigmatiser les bonnes et les mauvaises pratiques. Difficile pourtant d’arriver à définir précisément cette notion à l’heure actuelle. Est-ce que cela consiste à faire ses courses avec des sacs réutilisables, composter ses déchets et boire avec des pailles biodégradables ? Ou est-ce qu’il faut se débarrasser de sa voiture, habiter une petite maison sans électricité et ne plus jamais prendre l’avion de sa vie ? Ou alors est-ce qu’il s’agit d’attendre un avenir meilleur où la technologie, les machines et les voitures volantes résoudront tous nos problèmes ? La réponse n’est pas vraiment claire pour les citoyens, les dirigeants politiques ou encore les entreprises.

 Ce qui est par contre évident pour l’expert Julian Hill-Landolt, c’est qu’il est quasiment impossible de vivre de façon durable avec un salaire de classe moyenne, où que vous soyez dans le monde. Les infrastructures qui nous entourent – que ce soit nos maisons, nos systèmes d’approvisionnement en énergie, nos moyens de transport et toute la chaîne logistique qui les soutient – ne permettent pas d’aboutir à un mode de vie durable.

 Pour Hill-Landolt, la solution ne consiste pas à intimider la population pour qu’elle change ses habitudes. Nous demander sans cesse de moins conduire, de moins prendre l’avion, de diminuer la surface de notre maison, de modifier notre alimentation… Cette injonction aux comportements durables reste contre-productive car elle passe par le renoncement à notre confort quotidien.

 

 

Faire évoluer nos mentalités

 

 “Tant que les entreprises ne permettent pas aux gens d’adopter un mode de vie plus durable, pourquoi devraient-ils eux-mêmes renoncer à leurs plaisirs quotidiens ?” s’interroge Hill-Landolt. “On observe néanmoins des changements dans notre société : les individus sont à la recherche de nouveaux modes de vie, et cela transparaît dans leur alimentation, dans leurs achats, au sein de leur maison… Tout ceci démontre bien qu’il y a une opportunité de repenser cette notion de vie durable. Et si on vivait mieux plutôt qu’avec moins ?

La transformation du système s’opère quand la société exige des changements, les entreprises développent des produits et des services à la fois rentables et aspirationnels, et le gouvernement pose les bases institutionnelles favorisant l’adoption de ces nouvelles pratiques.

La prolifération des véhicules électriques ne s’est pas produite uniquement parce qu’un “visionnaire est arrivé en décidant de créer une nouvelle voiture électrique”, remarque Hill-Landolt. “Les progrès dans la technologie des batteries ont rendu les automobiles performantes, des bornes de recharge se sont multipliées en ville, et les politiques ont mis en œuvre de nombreuses mesures incitatives. La métamorphose s’effectue car tous ces différents facteurs ont été réunis au bon moment.”

Du point de vue des entreprises, les futurs bénéfices émergeront de cette capacité à créer des modes de vie plus verts, plus intelligents et plus épanouissants. Pour les individus, il existe plusieurs options. Bien sûr qu’on devrait essayer de préserver nos ressources, utiliser des produits de nettoyage écologiques, et manger plus de légumes et moins de viande. Toutes ces actions peuvent améliorer notre bien-être tout en aidant favorablement l’environnement. D’ailleurs, le Conseil mondial des affaires pour le développement durable (WBCSD) a conçu une série de “Good Life Goals” suggérant des actions individuelles que chaque personne peut entreprendre pour jouer un rôle dans la construction d’un meilleur futur.

Mais Hill-Landolt nous invite aussi à une réflexion plus profonde : pourquoi travailler 14 heures par jour si on n’a jamais le temps d’utiliser les choses qu’on peut s’offrir ? Pourquoi prendre 3 jours de vacances 10 fois dans l’année plutôt que des vacances de 3 ou 4 semaines qui nous permettraient de vraiment découvrir une nouvelle région du monde ? Comment apprendre à vraiment apprécier le monde dans lequel on vit ? Quand on aspire à une vie meilleure plutôt qu’à une vie plus grande, on constate inexorablement à quel point nos vies deviennent plus durables.

 

 Julian Hill-Landolt est le PDG du WBCSD, une ONG basée à Genève qui rassemble 200 multinationales unies par un engagement commun de développement durable. KONE est fière de soutenir ce projet de transition vers un monde plus responsable.

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